Juin 4 2009

Quel budget ?

par David MARTIN

Quel a été le budget de cette aventure ?

Désignation Montant
Budget journalier moyen incluant REPAS+HEBERGEMENTS+DEPENSES DIVERSES (Café, boissons) 45 €
Voyage ALLER (en train) Paris/Saint-Jean-Pied-de-Port 80 €
Voyage RETOUR (en avion) Santiago/Paris CDG 154 €
Matériel de randonnée (Chaussures de randonnée, sac à dos, gourde, sac de couchage, vêtements, trousse de secours, etc.)

770 €

Comment s’articule ce budget ?

Il me faut donner quelques précisions concernant le budget que j’ai utilisé durant ce voyage :

Le matériel

Bien que j’avais déjà un peu de matériel pour faire de la randonnée, ce dernier n’était pas du tout adapté pour Compostelle.  Il a donc fallu m’équiper de A à Z sur l’essentiel qui incluait : chaussures de marche, sac à dos, poche H2O, sac de couchage, vêtements de pluie, vêtements de randonnée en synthétique et trousse de premiers soins

L’hébergement

J’ai dormi le plus souvent dans des albergues (municipales, privées ou paroissiales) où le tarif varie entre 3 et 10 Euros la nuit.  Les albergues privées sont souvent plus chères mais plus confortables. Elles ressemblent moins à des dortoirs de l’armée et sont garanties avec de l’eau chaude.
Cependant sur une séjour de 1 mois (33 jours pour être exact), j’ai dormi 4 nuits à l’hôtel ou chez des particuliers :

  • 1 nuit à Burgos,
  • 1 nuit à Villafranca de Bierzo
  • 2 dernières nuits à Santiago.

En effet, il y a des jours où l’on apprécie vraiment un véritable moment de solitude.  De jouir sans limite, d’un grand lit, d’une salle de bain rien que pour soit et de se coucher et de se lever quand on veut…Un plaisir simple et mais nécessaire quand notre rythme est trop souvent cadencé par celui des albergues et des pèlerins…qui eux nous bercent par leurs ronflements.

La restauration et l’alimentation

Dans les cafés, l’alimentation principale des pélerins, c’est à dire Café con Leche, Café Solo, thé, Supa (Soupe), Cerveza, Bocadillo (Casse-croûte), Tortilla (Omelette de pommes de terre et oignons) est très abordable. Les prix sont en moyenne 30 à 50% moins chers qu’en France. Un café + un casse-croûte coûtent entre 4 et 5 euros.  Une bière coûte en moyenne 1,20 Euros. Les pèlerins s’arrêtent environ 2x pour prendre un café et se reposer dans la journée…Sans compter, celui de l’apéritif avant d’aller manger dans la soirée.

Au restaurant le soir, un menu Pèlerins vous coûtera entre 8 et 11 Euros. La moyenne étant plutôt 9 Euros. Le menu n’est pas génial mais est adapté aux efforts physiques du lendemain. Quelques fruits seront certainement à ajouter dans votre alimentation journalière.

Dans les albergues, on peut aussi se faire à manger et d’ailleurs, certaines sont très bien équipées.  Cependant, il manque le plus souvent les éléments de base c’est à dire : huile, vinaigre, épices, moutarde, etc. Si vous êtes seul, cela risquera de vous coûter au final plus chers que de se rendre au restaurant pour un menu pèlerin.  Si vous êtes plusieurs, il est alors possible de diminuer aisément la note par 3 pour arriver à une somme moyenne de 3 à 4 Euros par personne (boisson incluse). Il restera juste à s’entendre sur le menu…surtout quand un groupe peut être composé de plusieurs nationalités et donc de différentes cultures alimentaires.

Le voyage de retour

Le voyage retour en avion au départ de Santiago de Compostela m’a coûté le même prix que celui d’un voyage en train entre Santiago-Irun + Irun-Paris.  En train le temps de parcours aurait été d’environ 24 h. Alors qu’en avion cela m’a pris, en incluant le transport et l’attente à l’aéroport – 3 h 30.  Le calcul était donc vite fait.


Juin 4 2009

Merci !

par David MARTIN

J’aimerais remercier (je vais éviter de faire comme à la remise des Césars)… toutes les personnes qui ont publiées des commentaires très sympa et qui m’ont envoyées leurs encouragements.  Je n’ai pas eu l’occasion de le faire individuellement, mais j’ai vraiment beaucoup apprécié. Chaque message me donnait une énergie supplémentaire pour ce Chemin.

J’aimerais particulièrement remercier ma conjointe, mon fils de 4 ans et mon entourage (familles et amis) qui m’ont soutenus, et qui surtout, ont supportés mes dernières humeurs avant mon départ (pas facile le gars…il était vraiment pressé de partir prendre l’air).  Merci encore pour leur patience et leurs encouragements, sans lesquels je n’aurais certainement pas pu réaliser ce périple organisé très rapidement.

J’aimerais remercier Dieu et ses Saints d’avoir supportés mes odieux blasphèmes proférés contre l’Eglise catholique romaine ;-). Une organisation avec laquelle je ne suis toujours pas réconcilié, malgré le Chemin que j’ai parcouru et que je sois originairement de confession Catholique (mais aujourd’hui Agnostique).
J’aimerais que les personnes de cette religion ne le prennent surtout pas de façon personnelle, car j’ai une sincère admiration et un profond respect pour ceux que j’ai pu rencontré sur le chemin et qui ont su m’ouvrir le coeur.
Mais j’avais parfois besoin de remettre certaines choses dans leurs contextes. Surtout quand on marche sur un chemin qui était autrefois protégé par l’ordre du Temple, organisation initialement fondé pour les pèlerins et qui rejoint Saint-Jacques-de-Compostelle, ville située dans une région de culture Celtique qui connaissait l’omniprésence de druides : deux organisations (entre autres…) qui ont été exterminées par l’Eglise catholique car trop puissantes et menaçantes pour elle.

Je remercie encore toutes les belles rencontres que j’ai pu faire sur ce chemin, qui m’ont tous beaucoup apportés par leurs gentillesses et leurs échanges sincères. Certaines vont restées gravées à jamais – Jenofa et Elena (Bayonne), Augustin (Sevilla), Rebecca (Berlin), Richard (Montréal).

J’espère bien refaire le Camino.  Certainement celui du Nord, le chemin qui avait été ma première inspiration.

Amicalement,

David,


Juin 4 2009

Tendinites – Sur le Chemin

par David MARTIN

osSur le chemin, les principaux maux des pèlerins sont ciblés sur leurs pieds et leurs jambes.  Outre les douleurs et arrêts que peuvent demander les ampoules formées sur les pieds des randonneurs, arrivent de façon plus sournoise – les tendinites.  Cette inflammation très douloureuse survient souvent à partir de la 1/2 du chemin, juste après de longues journées de marche sur des rythmes souvent forcés (allure et/ou distance).
Peu de randonneurs ont une réelle connaissance sur la portée et les conséquences de ce problème, tant qu’ils ne l’ont pas vécu.  Et pourtant, afin de prévenir ou de limiter ce problème, quelques petites informations sur ce sujet douloureux pourraient vraiment changer les choses…et surtout d’augmenter les chances de finir jusqu’au bout le chemin.

Qu’est ce qu’une tendinite ?

Le tendon est la partie fibreuse qui relie le muscle à l’os. Il est souvent contenu dans une gaine au sein de laquelle il glisse. Ce glissement est favorisé par un liquide lubrifiant sécrété par la gaine et appelé synovie. La tendinite correspond à l’inflammation du tendon et de sa gaine.

Les causes

Le plus souvent sur le chemin, la tendinite est le résultat d’une sollicitation trop importante, inhabituelle, du tendon.
Elle peut être aussi la résultante d’une irrégularité du tendon, due par exemple d’élongations ou de ruptures tendineuses partielles.

Dans les deux cas, le tendon frotte anormalement sur sa gaine et induit des phénomènes d’irritation et de morts cellulaires. La mauvaise vascularisation naturelle des tendons, aggravée par une sollicitation excessive ou par la déshydratation, est aussi retenue comme cause de tendinite.

Sur le chemin, cette inflammation survient après quelques jours de marche et le plus souvent à partir de la 1/2 du chemin après le passage des étapes très planes entre Boadilla et Hospital de Orbigo sur des rythmes souvent forcés (allure et/ou distances).

Les conséquences

Des substances « pyrogènes » libérées par les cellules mortes et par des cellules  » de nettoyage » vont enflammer la gaine qui s’épaissit. Le frottement va donc s’amplifier, entretenant ainsi le phénomène de tendinite.

Une tendinite peut aller jusqu’à la rupture du tendon qui oblige alors un arrêt total, un abandon du Chemin et une intervention chirurgicale à la clé.

Les traitements médicaux

Les traitements sont multiples mais dépendent de la gravité et donc de l’état d’avancement.

Le traitement de base est la mise au repos du membre et l’application de glace qui reste le traitement le plus naturel. Personnellement, j’encourage aussi les randonneurs pourvus de ce problème d’aller consulter sans tarder un physiothérapeute/osthéopathe (Entre 30 et 50 € la consultation). On en trouve facilement dans la plupart des villes sur le chemin. Ils vous permettront d’examiner l’état d’avancement pour vous fournir le traitement le plus adapté, mais aussi pour vous offrir un massage des zones inflammées afin de les détendre et de faciliter la guérison.

Arrivée au stade de tendinite, les anti-inflammatoires oraux ne sont plus efficaces.  Surtout dans les périodes d’efforts physiques qui peuvent suivre.

Quand la tendinite est vraiment très avancée la physiothérapie (électrothérapie en particulier) et vraiment nécessaire et peut abréger l’inflammation. En pratique, on peut être amené à faire des infiltrations de corticoïdes.

L’échec de toutes ces thérapeutiques oblige à immobiliser le membre et donc à plâtre l’articulation touchée. L’immobilisation peut durer 3 semaines à 1 mois.

Dans le cas de récidives multiples, la chirurgie peut être proposée et offre plusieurs solutions:

  • Allongement du muscle
  • Désinsertion et mise au repos du muscle et du tendon
  • Dénervation pour éliminer la douleur
  • Nettoyage-ablation des parties dégénérées
  • Peignage du tendon : Le chirurgien pratique des incisions au bistouri le long du tendon, comme s’il le peignait. En cicatrisant, le tendon prend de l’épaisseur et devient moins vulnérable

Les tendinites du Chemin

LES CLASSIQUES

La tendinite achilléenne

Elle touche le tendon d’Achille qui relie le mollet au pied. Cette tendinite peut être liée à des excès sportifs, mais aussi à des chaussures inadaptées (semelles trop dures, irritation par des chaussures trop serrées à l’arrière)

Sa principale complication est la rupture totale du tendon.
On peut aussi soulager cette tendinite avec des semelles adaptées, une talonnette pour surélever le talon et reposer un peu le mollet, par des chaussures adaptées.

Les causes sont multiples, mais celles qui intéressent les pèlerins sont les suivantes : changement dans la hauteur du talon (en particulier chez les femmes habituées aux talons hauts. Le passage aux chaussures à semelles lisses fait souffrir au tendon une traction désaccoutumée). L’utilisation de chaussures à talonnette trop souple et la marche sur des terrains en pente risquent de provoquer également une élongation excessive du tendon, forçant les limites de son élasticité. Et enfin, la pression directe exercée sur le tendon par des bottes à tige haute, excessivement serrées à la cheville.

La tendinite de la patte d’oie

Elle touche la face interne et postérieure du genou. La zone parait souvent épaissie. Cette affection touche les sportifs, mais aussi les obèses. Le genu valgum (jambes arquées en dedans, à l’inverse des cavaliers) favorise cette tendinite.

Pour prévenir l’apparition de la tendinite d’Achille, veillez à vous équiper de chaussures adaptées à votre pointure. Utilisez des bottes à semelle rigide, sans talonnette souple et à la tige arrière abaissée, pour éviter précisément ce type de lésion. Réaliser, en outre (les femmes habituées aux chaussures à talons hauts en particulier), des exercices d’étirement du tendon d’Achille, en augmentant progressivement leur intensité, quelques semaines avant le départ, avec les chaussures qui seront utilisées sur le Chemin.

PLUS RARES

Les pubalgies

Plus rare, elles correspondent à un surmenage des muscles de la symphyse pubienne (zone du bassin située au dessus et de part et d’autre des organes génitaux).
On peut trouver des douleurs au niveau de l’insertion des abdominaux, au niveau des adducteurs (muscles qui ramènent les cuisses en dedans, l’une contre l’autre). Cette affection, ou plutôt ces affections touchent surtout les sportifs.
Quelques exercices d’élongations progressives peuvent diminuer.  Pour bien déterminer ces exercices, il vaut mieux consulter un kynésithérapeute ou encore un physiothérapeute.

La tendinite du moyen fessier

La douleur se situe au niveau de la hanche, en dehors. La personne souffre en montant les escaliers ou en sortant de voiture (mouvement de jambe en dehors). Elle souffre également la nuit lorsqu’elle s’endort sur sa hanche.

Préventions et premiers traitements

  • Boire de l’eau – très souvent et en petites quantités (15 à 20 cl / toutes les 20 min).  N’attendez pas d’avoir soif.  En fin de journée et suivant l’effort fourni et la chaleur extérieure, un pèlerin doit avoir bu et cumulé entre 2 et 4 litres de liquides (eau, thé, café, soupe, etc…).  Pour répondre à ce besoin, il est préférable d’avoir une gourde de type poche à eau dans son sac, raccordée à un tuyau, plutôt qu’une gourde classique ou des petites bouteilles d’eau car le pèlerin ne s’arrêtera alors que quand il aura vraiment soif…
    Boire permet aussi de se prémunir des coups de pompe ou de chaleur et de limiter les courbatures musculaires.
  • Faire des poses fréquentes – environ toutes les 2 heures.
  • Le soir après la douche, masser par des mouvements amples et lents les muscles et les tendons à l’aide d’une huile de massage.
    Je vous propose d’utiliser une huile à base d’Arnica qui aura pour double effet de détendre vos muscles et d’atténuer vos douleurs. (Huile de Massage à l’Arnica WELEDA® – Prenez avec vous un peu de cette huile dans un petit flacon et non le flacon d’origine qui est en verre et qui est bien trop lourd). L’Huile de Massage à l’Arnica est plébiscitée par les masseurs-kinésithérapeutes et les sportifs de haut niveau (ski de fond, biathlon, triathlon, trail/ultra trail en haut montagne, gymnaste, etc.)
  • En cas de douleurs le soir, placez de la glace ou des packs de froid instantané sur les zones endolories afin de décontracter et diminuer l’inflammation.
  • Dès que des douleurs répétées commencent à se faire sentir, massez les zones endolories régulièrement (10 à 15 min. toutes les heures) par des mouvements petits, précis et lents avec une crème anti-inflammatoire/analgésique à base d’Arnica (TRAUMEEL®  50 gr) C’est une crème homéopathique très efficace…Même les plus sceptiques ont du le reconnaître.

En cas de doute, consulter un physiothérapeute dès que possible.