Juin 4 2009

Tendinites – Sur le Chemin

par David MARTIN

osSur le chemin, les principaux maux des pèlerins sont ciblés sur leurs pieds et leurs jambes.  Outre les douleurs et arrêts que peuvent demander les ampoules formées sur les pieds des randonneurs, arrivent de façon plus sournoise – les tendinites.  Cette inflammation très douloureuse survient souvent à partir de la 1/2 du chemin, juste après de longues journées de marche sur des rythmes souvent forcés (allure et/ou distance).
Peu de randonneurs ont une réelle connaissance sur la portée et les conséquences de ce problème, tant qu’ils ne l’ont pas vécu.  Et pourtant, afin de prévenir ou de limiter ce problème, quelques petites informations sur ce sujet douloureux pourraient vraiment changer les choses…et surtout d’augmenter les chances de finir jusqu’au bout le chemin.

Qu’est ce qu’une tendinite ?

Le tendon est la partie fibreuse qui relie le muscle à l’os. Il est souvent contenu dans une gaine au sein de laquelle il glisse. Ce glissement est favorisé par un liquide lubrifiant sécrété par la gaine et appelé synovie. La tendinite correspond à l’inflammation du tendon et de sa gaine.

Les causes

Le plus souvent sur le chemin, la tendinite est le résultat d’une sollicitation trop importante, inhabituelle, du tendon.
Elle peut être aussi la résultante d’une irrégularité du tendon, due par exemple d’élongations ou de ruptures tendineuses partielles.

Dans les deux cas, le tendon frotte anormalement sur sa gaine et induit des phénomènes d’irritation et de morts cellulaires. La mauvaise vascularisation naturelle des tendons, aggravée par une sollicitation excessive ou par la déshydratation, est aussi retenue comme cause de tendinite.

Sur le chemin, cette inflammation survient après quelques jours de marche et le plus souvent à partir de la 1/2 du chemin après le passage des étapes très planes entre Boadilla et Hospital de Orbigo sur des rythmes souvent forcés (allure et/ou distances).

Les conséquences

Des substances « pyrogènes » libérées par les cellules mortes et par des cellules  » de nettoyage » vont enflammer la gaine qui s’épaissit. Le frottement va donc s’amplifier, entretenant ainsi le phénomène de tendinite.

Une tendinite peut aller jusqu’à la rupture du tendon qui oblige alors un arrêt total, un abandon du Chemin et une intervention chirurgicale à la clé.

Les traitements médicaux

Les traitements sont multiples mais dépendent de la gravité et donc de l’état d’avancement.

Le traitement de base est la mise au repos du membre et l’application de glace qui reste le traitement le plus naturel. Personnellement, j’encourage aussi les randonneurs pourvus de ce problème d’aller consulter sans tarder un physiothérapeute/osthéopathe (Entre 30 et 50 € la consultation). On en trouve facilement dans la plupart des villes sur le chemin. Ils vous permettront d’examiner l’état d’avancement pour vous fournir le traitement le plus adapté, mais aussi pour vous offrir un massage des zones inflammées afin de les détendre et de faciliter la guérison.

Arrivée au stade de tendinite, les anti-inflammatoires oraux ne sont plus efficaces.  Surtout dans les périodes d’efforts physiques qui peuvent suivre.

Quand la tendinite est vraiment très avancée la physiothérapie (électrothérapie en particulier) et vraiment nécessaire et peut abréger l’inflammation. En pratique, on peut être amené à faire des infiltrations de corticoïdes.

L’échec de toutes ces thérapeutiques oblige à immobiliser le membre et donc à plâtre l’articulation touchée. L’immobilisation peut durer 3 semaines à 1 mois.

Dans le cas de récidives multiples, la chirurgie peut être proposée et offre plusieurs solutions:

  • Allongement du muscle
  • Désinsertion et mise au repos du muscle et du tendon
  • Dénervation pour éliminer la douleur
  • Nettoyage-ablation des parties dégénérées
  • Peignage du tendon : Le chirurgien pratique des incisions au bistouri le long du tendon, comme s’il le peignait. En cicatrisant, le tendon prend de l’épaisseur et devient moins vulnérable

Les tendinites du Chemin

LES CLASSIQUES

La tendinite achilléenne

Elle touche le tendon d’Achille qui relie le mollet au pied. Cette tendinite peut être liée à des excès sportifs, mais aussi à des chaussures inadaptées (semelles trop dures, irritation par des chaussures trop serrées à l’arrière)

Sa principale complication est la rupture totale du tendon.
On peut aussi soulager cette tendinite avec des semelles adaptées, une talonnette pour surélever le talon et reposer un peu le mollet, par des chaussures adaptées.

Les causes sont multiples, mais celles qui intéressent les pèlerins sont les suivantes : changement dans la hauteur du talon (en particulier chez les femmes habituées aux talons hauts. Le passage aux chaussures à semelles lisses fait souffrir au tendon une traction désaccoutumée). L’utilisation de chaussures à talonnette trop souple et la marche sur des terrains en pente risquent de provoquer également une élongation excessive du tendon, forçant les limites de son élasticité. Et enfin, la pression directe exercée sur le tendon par des bottes à tige haute, excessivement serrées à la cheville.

La tendinite de la patte d’oie

Elle touche la face interne et postérieure du genou. La zone parait souvent épaissie. Cette affection touche les sportifs, mais aussi les obèses. Le genu valgum (jambes arquées en dedans, à l’inverse des cavaliers) favorise cette tendinite.

Pour prévenir l’apparition de la tendinite d’Achille, veillez à vous équiper de chaussures adaptées à votre pointure. Utilisez des bottes à semelle rigide, sans talonnette souple et à la tige arrière abaissée, pour éviter précisément ce type de lésion. Réaliser, en outre (les femmes habituées aux chaussures à talons hauts en particulier), des exercices d’étirement du tendon d’Achille, en augmentant progressivement leur intensité, quelques semaines avant le départ, avec les chaussures qui seront utilisées sur le Chemin.

PLUS RARES

Les pubalgies

Plus rare, elles correspondent à un surmenage des muscles de la symphyse pubienne (zone du bassin située au dessus et de part et d’autre des organes génitaux).
On peut trouver des douleurs au niveau de l’insertion des abdominaux, au niveau des adducteurs (muscles qui ramènent les cuisses en dedans, l’une contre l’autre). Cette affection, ou plutôt ces affections touchent surtout les sportifs.
Quelques exercices d’élongations progressives peuvent diminuer.  Pour bien déterminer ces exercices, il vaut mieux consulter un kynésithérapeute ou encore un physiothérapeute.

La tendinite du moyen fessier

La douleur se situe au niveau de la hanche, en dehors. La personne souffre en montant les escaliers ou en sortant de voiture (mouvement de jambe en dehors). Elle souffre également la nuit lorsqu’elle s’endort sur sa hanche.

Préventions et premiers traitements

  • Boire de l’eau – très souvent et en petites quantités (15 à 20 cl / toutes les 20 min).  N’attendez pas d’avoir soif.  En fin de journée et suivant l’effort fourni et la chaleur extérieure, un pèlerin doit avoir bu et cumulé entre 2 et 4 litres de liquides (eau, thé, café, soupe, etc…).  Pour répondre à ce besoin, il est préférable d’avoir une gourde de type poche à eau dans son sac, raccordée à un tuyau, plutôt qu’une gourde classique ou des petites bouteilles d’eau car le pèlerin ne s’arrêtera alors que quand il aura vraiment soif…
    Boire permet aussi de se prémunir des coups de pompe ou de chaleur et de limiter les courbatures musculaires.
  • Faire des poses fréquentes – environ toutes les 2 heures.
  • Le soir après la douche, masser par des mouvements amples et lents les muscles et les tendons à l’aide d’une huile de massage.
    Je vous propose d’utiliser une huile à base d’Arnica qui aura pour double effet de détendre vos muscles et d’atténuer vos douleurs. (Huile de Massage à l’Arnica WELEDA® – Prenez avec vous un peu de cette huile dans un petit flacon et non le flacon d’origine qui est en verre et qui est bien trop lourd). L’Huile de Massage à l’Arnica est plébiscitée par les masseurs-kinésithérapeutes et les sportifs de haut niveau (ski de fond, biathlon, triathlon, trail/ultra trail en haut montagne, gymnaste, etc.)
  • En cas de douleurs le soir, placez de la glace ou des packs de froid instantané sur les zones endolories afin de décontracter et diminuer l’inflammation.
  • Dès que des douleurs répétées commencent à se faire sentir, massez les zones endolories régulièrement (10 à 15 min. toutes les heures) par des mouvements petits, précis et lents avec une crème anti-inflammatoire/analgésique à base d’Arnica (TRAUMEEL®  50 gr) C’est une crème homéopathique très efficace…Même les plus sceptiques ont du le reconnaître.

En cas de doute, consulter un physiothérapeute dès que possible.


Mai 8 2009

J+22 – Stationné sur une aire de repos

par David MARTIN

Après avoir été voir un ostéopathe hier à Astorga, ce dernier m’a confirmé la nécécité de m’arrêter durant 1 journée. Après un long massage et la pose d’un strap imprégné d’anti-inflamatoire, que je vais devoir garder durant 5 jours, je pourrais reprendre le chemin demain.

David (l’ostéo) m’a confirmé que si je n’avais pas pris cette décision hier de me faire rappatrier en taxi, j’aurais certainement eu de sérieuses conséquences sur le court, voir même le long terme…La plus immédiate aurait certainement été celle d’abandonner le chemin… El Camino m’aura appris à écouter ce corps que j’ai trop souvent négligé dans le passé. Dans ma vie quotidienne, j’ai trop souvent été toucher ses limites, voir même été les dépasser…

Je profite donc de cette pose pour faire un point sur le chemin parcouru et prendre le temps de visiter un peu plus la ville d’Astorga. Les gens ici sont vraiment très gentils contrairement aux dernières étapes où le contact n’a pas toujours été très facile, même en présence d’Augustin qui est Espagnol et avec qui je marchais depuis quelques jours. Le pélerin n’est pas forcément le bienvenue partout…

D’ici ce soir, je vais certainement revoir certains autres des précédents pélerins qui avaient pris une journée supplémentaire pour visiter León. Je n’avais pas ce désir de rester dans une grande ville malgré le beau temps et le véritable intérêt culturel de cette ville.

Je reprendrai donc le chemin dès demain et je marcherai certainement seul dans les journées à venir. Ce qui n’est pas une contrainte en soi mais bien plus un besoin. Augustin reprendra donc aussi son chemin seul à partir d’aujourd’hui.


Mai 7 2009

J+21 – Panne de moteur

par David MARTIN

Les tendons de ma cheville gauche ont déclaré forfait ce midi. Cela faisait 5 jours qu’elle menaçait de me lacher.  J’avais bien senti ce matin que la journée risquait de se terminer ainsi. J’ai du terminer les 15 dernier Km de l’étape en taxi avec un autre pélerin qui a senti son coeur lui donner des signes de faiblesse : un allemand d’une soixantaine d’années qui vient juste de commencer sont périple depuis León et qui s’apprête à attaquer le O’ Cebreiro.  Augustin, mon compagnon de route depuis 6 jours a dû contuinuer seul les derniers Km.  Dire que les paysages commençaient à changer et qu nous commençions à quitter cette ? »··*^¨Ç¨:L=/&$·· » de route N120…

De mon côté, je vais devoir aller voir un physiothérapeute cet après midi. Je vais certainement devoir prendre 1 ou 2 jours de repos…

A suivre…